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Villes en transition : il y a une vie après le charbon !

par Sara Giovannini le 13 novembre 2018 / 438 visites

La transition énergétique dans les régions minières n’est pas un sujet nouveau mais aujourd’hui, il apparaît régulièrement dans mon fil d’actualité. Je suis certaine que vous avez entendu parler des manifestations contre l’extension d’une mine de charbon dans l’ancienne forêt de Hambach en Allemagne. Très vite, des articles et des déclarations ont suivi au sujet des conséquences probables de la transition énergétique sur l’environnement urbain, les identités régionales et l’emploi. Mais plus je lis d’articles au sujet d’initiatives innovantes par les villes et des récits de transition vers des énergies renouvelables, moins je crois aux discours politiques qui mettent le business au cœur de ce processus.


Des villes en déclin ou en transition ?

Le discours habituel veut que les anciennes villes minières soient des villes en déclin, presque des « villes fantômes  ». Une ville en déclin, ou « shrinking city » est une ville qui connaît un déclin démographique constant suite à des changements structurels (par exemple, la disparition d’emplois ou le manque de ressources). Par conséquent, ses infrastructures deviennent trop importantes et trop chères à entretenir. Aussi, les structures financières et sociales connues ne fonctionnent plus.
Je ne nie pas les défis considérables que représente la fermeture d’une mine de charbon. Mais toutes les villes minières ne sont pas condamnées à devenir des villes fantômes ! Leur manière de réagir et de s’adapter à une nouvelle situation fait toute la différence. Laissez-moi vous parler de deux anciennes villes minières qui ont tourné la page du charbon avec succès, améliorant au passage la qualité de vie de leurs habitants !

Loos in transition

Loos-en-Gohelle est une petite ville de 7 000 habitants dans le nord de la France. Le destin de cette ville, comme de toute sa région, est étroitement lié aux industries minières, actives entre les années 1850 et les années 1980. À la fermeture des mines, l’administration locale a dû faire un choix décisif : remplacer l’extraction du charbon en attirant de nouvelles et grandes industries ou bien prendre une tout nouveau chemin. Elle a décidé de prendre le tournant le plus moderne. Aujourd’hui, Loos-en-Gohelle est un cas d’école : la ville s’est libérée de sa dépendance aux énergies fossiles.
Les initiatives prises ont touché tous les secteurs, de la rénovation de bâtiment au tourisme, en passant par la technologie verte et la production d’énergie renouvelable. Par exemple, quand elle a dû rénover la toiture de son église, la municipalité a décidé d’y installer des panneaux solaires photovoltaïques. À la place d’ardoises, la toiture de l’église arbore désormais des cellules photovoltaïques. Ces dernières fonctionnent depuis 2013 et engendrent 5 000 euros de revenus annuels pour la ville.

Découvrez toutes les initiatives prises par Loos-en-Gohelle sur le site Renewable Nerworking Platform

« Nous ne pouvons pas construire l’avenir si nous rejetons le passé »

Les terrils jumeaux 11 et 19 témoignent du passé minier de Loos-en-Gohelle. Inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012, la base du 11/19 a été transformée en centre culturel pour le développement durable. Elle abrite de nombreuses organisations culturelles et centres de R&D, jouant ainsi un rôle dans l’avenir de la ville.
D’après le maire, Jean-François Caron, « nous ne pouvons construire l’avenir si nous oublions le passé  ». La ville a dû faire face à de nombreux défis, principalement celui de se réinviter autour de sa communauté. Des investisseurs locaux se sont impliqués dans le processus. Sur la période 2008-2014, la municipalité a organisé plus de 200 rencontres publiques. Les citoyens ont pu participer à la mise en place de projets locaux ou simplement exprimer leur opinion. Après plus d’un siècle pendant lequel l’industrie minière a décidé de leur vie, ils ont retrouvé leur capacité d’action et d’initiative personnelle !

Donner une nouvelle vie à des mines abandonnées

Heerlen, membre d’Energy Cities, est une autre ancienne ville minière qui a mis la main sur l’énergie. Dans les années 1900, l’extraction du charbon constituait la plus grand activité économique de la région. Le gouvernement néerlandais avait creusé un vaste réseau de passages miniers à travers et autour d’Heerlen pour l’extraction du charbon. Des dizaines de milliers d’ouvriers et leurs familles vivaient de l’industrie minière. Après la fermeture des mines, entre 1965 et 1974, la région a connu une période de déclin économique, social et culturel. Les vieilles galeries minières se sont remplies d’eau souterraine, chauffée naturellement par la terre. Les mines sont ainsi devenues un réservoir d’eau, inexploité pendant des années, jusqu’à ce que la municipalité lance le projet Mijnwater.

De l’eau minière pour les énergies renouvelables

Heerlen était résolue à améliorer les conditions de vie de ses administrés et à réhabiliter la région. En 2005, avec le soutien de l’UE et de l’agence gouvernementale Agentschap NL, elle a creusé cinq puits et construit un réseau souterrain de tuyaux pour permettre à l’eau de circuler. En 2008, la première centrale géothermique à eau minière, Gen Coel in Heerlerheide, a ouvert ses portes et les premiers raccordements au réseau Minjwater ont été effectués. À l’heure actuelle, la société publique fournit de l’énergie renouvelable pour des habitations, des bureaux, des écoles primaires, des supermarchés, une crèche et un centre sportif.
La ville, connue comme bassin minier, a été récompensée internationalement pour ses efforts impressionnants dans le domaine de l’énergie géothermique. En plus d’avancées importants vers l’indépendance énergétique, le projet a créé des emplois au niveau local, des opportunités d’investissement dans la région, et a amélioré la connaissance et l’expertise de la région. Pas mal pour une ville fantôme !

Pour en savoir plus sur le projet Mijnwater, rendez-vous sur le site Renewable Networking Platform

©photos : Jérémy Günther - Heinz Jähnick / Heerlen / Patrick Tomasso






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