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Micro-dépôts et tramways de marchandises : des solutions pour réduire le trafic routier et améliorer la qualité de l’air à Francfort

par Tatjana Veith le 27 novembre 2018 / 295 visites

Tous les jours, toutes sortes de biens et marchandises convergent vers la ville. Or les flux engendrés par le transport de biens et marchandises en milieu urbain soulèvent de plus en plus de questions. Selon une étude, le fret urbain représente 20 à 30 % des kilomètres-véhicule parcourus et est responsable de près de 50 % de la pollution atmosphérique dans les villes.


On estime par ailleurs à environ 80 milliards d’euros les sommes dépensées chaque année par les villes européennes pour pallier les problèmes de congestion chronique, sans parler du risque accru d’accidents en milieu urbain (plus de 38 % du nombre total d’accidents de la route). Étant donné l’augmentation des commandes en ligne et la popularité grandissante du e-commerce, le nombre de livraisons ne peut qu’augmenter, ajoutant au trafic et générant encore plus de pollution.

Puisque les transports urbains sont une source de problèmes et que le fret urbain en est en grande partie responsable, il est temps de se pencher sur la question du transport des marchandises en milieu urbain comme discuté dans un précédent article et de proposer des solutions pour l’améliorer. De nouvelles actions ont ainsi été ajoutées à notre liste de mesures visant à réduire la circulation dans les villes.

Des solutions de micro-logistique pour améliorer la logistique urbaine

Grâce à un système de micro-dépôt, à savoir un container ou lieu permettant de stocker paquets et colis, la ville allemande de Francfort-sur-le-Main a divisé par trois le nombre de véhicules de livraison circulant tous les jours dans la ville. Depuis octobre 2017, la municipalité et ses partenaires - le service de livraison UPS, IHK Frankfurt et House of Logistics and Mobility (HOLM) GmbH – testent ce modèle de logistique dans le cadre d’un projet sur deux ans établi à l’échelle de la région, la Hesse. C’est ainsi qu’UPS a installé un micro-dépôt servant de lieu de stockage temporaire près de la bourse de Francfort.

A partir de ce micro-dépôt, les colis continuent leur voyage, mais en mode écolo, et sont livrés à leurs futurs propriétaires en biporteur conventionnel ou à assistance électrique, à l’aide d’un diable ou encore à pied. Ce système n’offre pas seulement un service de livraison, il offre également de nombreux avantages. Selon UPS, un micro-dépôt permet de diviser par trois le nombre de véhicules de livraison en circulation dans la ville, économisant ainsi 32 litres de diesel et évitant l’émission de 85 kg de CO2 par jour. Si l’on compte 300 jours de livraison par an, l’installation d’un seul micro-dépôt permet donc de réduire de 25,5 tonnes par an les émissions de CO2 de Francfort.

Tarek Al-Wazir, le ministre des affaires économiques, de l’énergie, des transports et du développement régional du Land de Hesse, est conscient de ces résultats : « Nous avons besoin de micro-dépôts de ce type dans toutes les villes de Hesse, parce que ce concept fonctionne. Ce n’est pas seulement le projet pilote de Francfort qui le montre, mais également les premières expériences menées à Offenbach. Et associer micro-dépôt et redistribution au moyen de vélos électriques contribue fortement à améliorer la qualité de l’air et à réduire le volume de trafic dans nos villes ».

Plus récemment, un tramway de marchandises a été mis en place pour apporter les colis au micro-dépôt. L’idée fait écho aux années 1960, lorsque les tramways étaient quotidiennement utilisés pour livrer des colis dans les villes allemandes. Aujourd’hui il reste quelques exemples de ces tramways, comme le « CarGoTram » de Dresde qui livre une usine automobile. L’association tramways de marchandises et micro-dépôts constitue une solution innovante pour résoudre les problèmes de logistique urbaine.

Comportement durable : une obligation individuelle ?

En 2016, plus de 3 milliards de livraisons ont été effectuées en Allemagne. Un chiffre qui devrait atteindre les 4 milliards d’ici 2020. Par ailleurs, les livraisons de porte-à-porte ne cessent d’augmenter. Les citoyens européens considèrent qu’il appartient aux collectivités locales de réduire le trafic routier. C’est pourquoi il peut être judicieux de se pencher sur la micro-logistique de vos villes et de repenser le transport des marchandises en milieu urbain. Mais dans le même temps, il est important de rappeler que les responsabilités sont partagées et que les individus doivent aussi s’interroger sur leurs propres comportements d’achat (en ligne).

Les géants du e-commerce ne cessent de voir leur taille et chiffre d’affaires augmenter, de même que leur empreinte carbone et les déchets qu’ils génèrent. Cet été, Amazon a fait la une des journaux pour avoir détruit des « dizaines de milliers d’euros par jour » de marchandises retournées neuves, en parfait état de marche. D’autres entreprises comme Burberry, H&M, Nike et Urban Outfitters ont aussi été épinglées pour avoir « détruit des tonnes de marchandises retournées ».

Outre ces considérations morales (sans même parler des conditions déplorables de travail que proposent certains géants du e-commerce), considérations qui pourraient conduire à une baisse des livraisons, les villes peuvent faire beaucoup pour améliorer le transport des marchandises en milieu urbain. Selon une étude, la plupart des villes européennes sont à la traîne en matière de politique de fret urbain. Il est donc grand temps que les politiques locales de transport intègrent une planification à long terme du transport de fret.

Où en êtes-vous en matière de planification du transport des marchandises ?

Puisque les efforts des sociétés de transport ne sont pas suffisants, les politiques doivent viser une réduction des émissions et une amélioration des infrastructures locales. Ainsi, lorsque la principale entreprise de livraison allemande, "DHL", a fait la une des journaux avec sa flotte de scooters électriques, la ville de Francfort a décidé de construire 400 bornes de recharge pour véhicule électrique. De même, lorsque cinq entreprises de livraison ont décidé de livrer leurs colis à bicyclette, comme à Berlin, une infrastructure adaptée à la circulation des 2-roues est devenue nécessaire.

Ces exemples montrent l’importance du rôle des collectivités locales en matière de transport de marchandises en milieu urbain. De nombreux aspects sont encore à prendre en considération : les villes doivent-elles définir des zones spécifiques de livraison ? Doivent-elles envisager des restrictions spatiales en fonction du poids et du volume des véhicules de fret, voire établir des créneaux horaires pour la livraison des marchandises ? Intégrer le transport de marchandises dans la planification de l’espace urbain est une nécessité ! Des villes comme Berlin, Budapest, Dublin, Helsinki, Paris ou Vienne vont encore plus loin et soulignent l’importance de développer un plan de transport distinct pour le fret. Beaucoup de travail en perspective… mais cela en vaut la peine ! ;)

©photos : frankfurt-holm.de - http://www.spiegel.de






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