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Les villes, bancs d’essai de l’innovation énergétique – Atlas de l’Energie 2018

by Sara Giovannini le 15 May 2018 / 296 visites

La Heinrich Böll Stiftung, fondation proche du mouvement politique écologiste allemand, vient de publier son Atlas de l’énergie 2018 – Faits et chiffres sur les énergies renouvelables en Europe. Cet Atlas offre un panorama des débats en cours dans les pays de l’Union Européenne, au moment où sont discutées les stratégies nationales pour l’énergie et le climat pour 2030. Il révèle également qu’un effort coordonné des Etats membres de l’UE en faveur de la transition énergétique constitue l’option la plus efficace et la plus rentable pour tous les Européens. Energy Cities a contribué à cette publication avec un chapitre intitulé « Les villes, bancs d’essai de l’innovation énergétique » que vous pouvez lire ci-dessous.


Modifier les lois et politiques nationales est un procédé lourd, qui prend du temps et comporte des risques: et si la nouvelle loi ou politique se révélait être un pétard mouillé ? De leur côté, les villes ont tout pour être des foyers d’innovation. Suffisamment vastes pour tester de nouvelles idées à grande échelle, les villes sont assez petites pour passer à autre chose si ces idées ne fonctionnent pas – et les meilleures peuvent ensuite être diffusées au niveau national.

Les villes sont devenues des acteurs de premier plan pour ce qui est de l’adaptation au changement climatique et des efforts visant à réduire son impact. L’Agenda 21, adopté au Sommet de la Terre de Rio en 1992, appelait à agir pour promouvoir le développement durable à tous les niveaux, aussi bien international que local. Depuis, les villes ont progressé à pas de géant. En 2009, dans l’hémicycle du Parlement européen, des centaines de villes européennes se sont engagées à réduire leurs émissions de CO2, lançant ainsi le mouvement européen de la Convention des Maires. Ce mouvement a pris une ampleur mondiale et rassemble aujourd’hui plus de 7 700 collectivités locales engagées à agir pour l’énergie et le climat. Lors de la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique de Paris en 2015, ce sont près de 1 000 responsables locaux qui se sont engagés à faire de leur ville des territoires neutres du point de vue des émissions de carbone d’ici 2050.

Les villes consomment plus des deux tiers de l’énergie consommée dans le monde et émettent près de 70 % des émissions de CO2. Mais elles sont à la fois responsables et victimes du changement climatique. Les villes sont en effet touchées par les inondations, l’élévation du niveau de la mer, les glissements de terrain et les épisodes de froid et de chaleur extrêmes. Elles sont concernées par le manque d’eau, la fumée que dégagent les incendies de forêt et l’afflux de populations venues de zones rurales avoisinantes touchées par le changement climatique. Confrontées à ces défis et à d’autres problèmes environnementaux, comme la pollution de l’air et de l’eau et le traitement des déchets, les villes ne manquent pas de motivations pour combattre le changement climatique.

Contribuant à la transition énergétique en Europe, les collectivités locales ont essayé de réduire l’impact du changement climatique en prenant des mesures fortes : promotion de technologies faisant appel aux énergies renouvelables, utilisation du big data et développement de réseaux électriques intelligents. Mais la question de savoir à qui appartient, qui contrôle et à qui profite cette vague de nouvelles technologies n’a pas fait l’objet d’une attention particulière et reste largement ignorée, tant au niveau national qu’européen.

Les villes travaillent à y apporter des réponses. Ainsi, les Villes de Barcelone, Paris et Gand s’emploient à reconsidérer la notion d’énergie pour en faire un « commun » : le vent, le soleil, la force de l’eau et la géothermie sont en effet des ressources naturelles et devraient à ce titre être considérés comme des biens communs et redistribués afin de bénéficier à l’ensemble de la société, et non à un petit nombre d’individus. Le passage d’une économie extractive à une économie régénérative permettrait de rendre plus équitable le partage de ces ressources. Au Royaume-Uni, de plus en plus de collectivités locales s’attaquent à la pauvreté énergétique (situation d’une personne qui ne peut chauffer son logement à un prix raisonnable) en confiant la gestion de l’énergie à des organismes publics locaux. Quant à la Ville de Bristol, elle soutient les projets qui visent à réduire la consommation d’énergie (par exemple en isolant les bâtiments) et à produire de l’énergie à partir de sources renouvelables. Ces initiatives sont adossées à une monnaie locale, la livre de Bristol, dont l’objectif est de renforcer l’économie locale en faisant en sorte que l’argent dépensé reste dans la ville. En octobre 2017, Paris, Copenhague et Oxford ont annoncé vouloir interdire les véhicules diesel et essence bien avant que les plans nationaux d’interdiction de ces véhicules n’entrent en vigueur. Aux Pays-Bas, des quartiers « sans gaz » ont été créés avant que le gouvernement ne décide d’interdire progressivement l’utilisation du gaz pour la cuisson et le chauffage.

De plus en plus de collectivités locales aident les projets d’énergie citoyenne à sortir de terre, soit en investissant directement dans des coopératives énergétiques locales, soit en leur accordant des subventions, une assistance technique ou juridique, ou l’accès à des équipements publics. Plutôt que de considérer la transition énergétique comme un problème, elles la voient comme une opportunité pour développer l’économie de la région. Elles trouvent de nouveaux moyens de financement en faisant appel à l’épargne locale et en créant des sources de revenus qui bénéficient à la population locale et non à une poignée de lointains actionnaires. Elles influencent le marché financier de l’énergie en émettant des « obligations vertes » (obligations utilisées pour financer des investissements dans le domaine de l’environnement) et en procédant à des achats groupés d’électricité pour réduire les coûts. Elles incitent également à économiser l’énergie grâce aux fonds renouvelables : les services municipaux qui économisent sur leur consommation d’énergie sont autorisés à conserver une partie des gains financiers ainsi réalisés pour financer d’autres projets. La ville tchèque de Litoměřice fait partie des nombreuses collectivités locales à avoir introduit ce type de mesure avec succès. Quant à la Ville de Paris, elle a fait du financement participatif un élément clé de sa stratégie pour atteindre la neutralité climatique d’ici 2050 et a annoncé vouloir devenir un important centre international du financement écologique.

Le paquet européen « Pour une énergie propre » de 2016 influencera le paysage énergétique pour les décennies à venir et déterminera si les collectivités locales, coopératives citoyennes et autres nouveaux acteurs se verront accorder un accès équitable au marché, au même titre que les acteurs qui le dominent actuellement. Les systèmes énergétiques décentralisés, basés sur la technologie, ne pourront en effet se développer pleinement que si l’on donne à ces acteurs décentralisés les moyens d’agir. Cela passe par l’introduction de nouveaux modèles de gouvernance multi-niveaux, mieux adaptés aux défis du système énergétique de demain.

En janvier 2018, le Parlement européen a voté une motion afin de demander aux Etats membres de l’UE de mettre en place des plateformes permanentes de dialogue sur l’énergie et le climat avec les citoyens et les collectivités locales, donnant ainsi à ces dernières l’opportunité de jouer un rôle central dans la transformation du secteur de l’énergie.

Pour en savoir plus sur les faits et chiffres relatifs aux énergies renouvelables en Europe, consultez le site de la fondation Heinrich Boll(en anglais).






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