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L'Espagne réforme sa politique énergie-climat: un espoir luit encore !

Par Miriam Eisermann, le 8 avril 2019

Cela fait huit mois qu’un nouveau gouvernement espagnol prépare le pays à devenir l’un des leaders européens des énergies renouvelables. Depuis lors, l’ancienne militante écologiste Teresa Ribera, responsable du ministère de la Transition écologique nouvellement créé, a pris d’importantes décisions. Fernando Ferrando de l’ONG espagnole Fundacion Renovables donne un aperçu des mesures législatives les plus récents qui pourraient apporter des changements au système énergétique espagnol. Selon lui, les plans nationaux sont bons, mais pas encore assez bons.

Une tribune par Fernando Ferrando Vitales, Président de la Fundación Renovables

En février dernier, nous avons pris connaissance de quelques-unes des mesures concrètes contenues dans le train de mesures du gouvernement espagnol en faveur de l’énergie et contre le changement climatique. Il regroupe le projet de loi sur le changement climatique et la transition énergétique, le plan national intégré en matière d’énergie et de climat (PNIEC) et la stratégie pour une transition juste. Il s’agit d’un paquet législatif qui était attendu et qui devient désormais de plus en plus urgent du fait de la tenue des prochaines élections législatives. Un projet de décret royal sur l’autoconsommation viendra par la suite compléter ce train de mesures, suivi d’une période de soumission des contributions.

Pour quand la sortie nucléaire de l’Espagne ?

Tout cela nous a donné de nouveau l’occasion de soumettre nos propositions à la société civile et aux partis politiques. Mais avant même la publication du plan national, il était acquis que le Ministère de la transition écologique voulait repousser la sortie du nucléaire au lieu de mettre en place le plan initial, à savoir fermer les centrales au fur et à mesure qu’elles arrivent au terme de leur autorisation d’exploitation.

Nous considérons que toutes les centrales doivent fermer d’ici 2024 et que tout report de leur fermeture ne fait qu’accroître la charge économique, environnementale et sociale qui pèse sur la société et les générations futures. C’est dans cette optique que nous avons organisé conjointement avec Greenpeace un symposium en février. A cette occasion, nous avons présenté un document conjointement rédigé par nos deux organisations : « Propositions pour un horizon sans centrale nucléaire » dans lequel nous demandons, chiffres et arguments à l’appui, une accélération du calendrier des fermetures, information incluse dans le Plan national intégré, mais dont nous n’avions pas connaissance au moment du symposium. Nous regrettons également le fait que Plan national ne contienne aucune date de fermeture contraignante pour les centrales thermiques au charbon, centrales qui devraient toutes fermer d’ici 2025.

Nous pensons qu’il s’agit là d’un grand pas en avant, mais tout dépendra des modalités d’application de ces divers plans et de ce qu’il en ressortira une fois la loi sur le changement climatique et la transition énergétique adoptée.

Le nouvel objectif doit être plus proche de 100% renouvelables.

Bien sûr, c’est avec satisfaction que nous avons accueilli la position politique de l’exécutif en faveur du changement de modèle que propose le Plan national intégré en matière d’énergie et de climat. L’objectif de porter la part des énergies renouvelables dans l’utilisation finale de 20 % (à l’horizon 2020) à 42 % en 2030 est proche de nos propositions, à savoir un taux de couverture de 50 % à cette date. Le Plan National prévoit également un objectif de 74 % d’électricité produite à partir de sources renouvelables, un chiffre très proche des 80 % proposés par Fundación Renovables. Nous pensons qu’il s’agit là d’un grand pas en avant, mais tout dépendra des modalités d’application de ces divers plans et de ce qu’il en ressortira une fois la loi sur le changement climatique et la transition énergétique adoptée.

Par ailleurs, concernant les émissions, le Plan prévoit une réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à 1990, un objectif clairement insuffisant comparé aux 40 % fixés par l’Union européenne ou aux 55 % du Parlement européen. Nous ne partageons pas non plus l’opinion que l’objectif pour 2050 doit être une réduction d’au moins 90 % des émissions de GES. Celle-ci doit être de 100 % à cette date. La publication de ce plan a déclenché une phase de consultation publique au cours de laquelle la Commission européenne et l’Espagne, en tant qu’Etat membre, engageront un processus structuré de dialogue qui se conclura par l’approbation finale du plan en fin d’année. C’est pourquoi nous continuons à nous mobiliser afin que son contenu et développement soient les plus ambitieux possible.

L’autoconsommation pour accélérer la transition énergétique

Ce mois-ci, nous nous sommes également intéressés à l’autoconsommation au travers de la préparation de contributions relatives au projet de décret royal sur l’autoconsommation au nom de l’organisation Alianza por el Autoconsumo, dont nous sommes membres et dont nous gérons le Secrétariat et coordonnons les actions. Nous verrons les résultats de cette action ce mois-ci, le gouvernement espagnol ayant annoncé qu’il approuvera le décret royal en conseil des ministres.

Le coup de pouce à l’autoconsommation du Ministère de la Transition écologique a été un soulagement pour le secteur des énergies renouvelables. Nous avons également eu l’occasion de constater l’intérêt soulevé par l’autoconsommation lors de l’atelier technique que nous avons organisé cette semaine à Vitoria-Gasteiz avec la municipalité. Antérieurement nous avons collaboré avec les responsables de la ville à l’élaboration d’un diagnostic et fait des propositions pour une stratégie municipale en faveur de la transition énergétique pour 2020-2030.

En résumé, nous continuerons à veiller à ce que la transition énergétique se fasse en respectant une condition express : qu’elle soit dans l’intérêt du peuple.

Photo par Willian Justen

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