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Edito politique : Un appel pour les libertés locales

par Claire Roumet le 16 octobre 2018 / 343 visites

Par Claire Roumet, Déléguée générale d’Energy Cities







Bataille de chiffres et de concepts dans les couloirs bruxellois et les négociations onusiennes. Il s’agit maintenant de traduire concrètement l’Accord de Paris. Il y a les partisans du Net-zéro, des émissions négatives, de l’objectif utopiste de 1.5 degrés, ou les réalistes du 2 degrés… toutes ces discussions m’ennuient, je dois l’avouer, mais elles sont cruciales, je dois le reconnaitre. Parce qu’elles illustrent de façon tangible les changements nécessaires.

Tous les scénarios s’accordent, quelques soient les hypothèses choisies : il faut commencer hier. Dans son excellent rapport « le défi climatique des villes » le WWF France propose de décliner l’accord de Paris en budget carbone pour les 10 grandes métropoles françaises, et le résultat donne une idée de l’urgence : leur budget carbone sera en moyenne consommé en 5 ans d’émissions aux niveaux actuels pour rester dans une trajectoire à 1.5 degrés, et 13 ans pour rester sous les 2 degrés. Dit autrement : en 2023, finito, plus d’émissions possibles. Le net zéro devrait être atteint en 2023.

Quand les discussions ici, à Bruxelles, sont de savoir si on doit avoir un objectif de zéro émission nette en Europe en 2050. Bien sûr, méthodologies et hypothèses académiques expliquent une partie de la différence, mais quel décalage !

Entre 2004 et 2020, la ville de Porto aura réduit de 45% ses émissions de gaz à effet de serre (ne comprend toutefois que les émissions directes et pas indirectes comme dans l’étude WWF France), un exemple parmi d’autres signataires de la Convention des Maires qui montre qu’une politique ambitieuse locale peut atteindre les objectifs. La métropole de Manchester va décliner son budget carbone en un plan d’actions concret ; comme la ville pilote suédoise de Järfallä pour laquelle l’accord de Paris devrait se traduire par une réduction annuelle de 15% des émissions.

Chacun de ces rapports identifient les leviers, les actions nécessaires dans un futur proche, et tous font le même constat : ce sont les collectivités qui doivent avoir le rôle principal de coordonner, appuyer les acteurs, transformer le métabolisme économique de leur territoire. C’est consommer et produire localement, inventer de nouveaux partenariats de gestion de la ressource, réduire les besoins.

Et pourtant, on observe une perte d’autonomie des autorités locales, dont l’action est rendue impossible par manque de ressources propres (renationalisation des recettes fiscales en France, application du pacte de stabilité empêchant dans les pays du sud de l’Europe l’investissement des collectivités ; grands investissements dans des structures polluantes ; libéralisation du secteur de l’énergie dans les Balkans favorisant les opérateurs nationaux...).
Dans une alliance inédite, ce jeudi 27 Septembre, les régions, villes et zones rurales en France ont lancé un appel pour une vraie décentralisation : l’appel de Marseille pour les libertés locales.

Sans aucun doute, cet appel pourrait être Européen.

Energy Cities analyse régulièrement les politiques de l’UE en matière d’énergie et de climat.
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